Linux Mint 22 sort une mise à jour majeure… et les risques avec
Récemment, Linux Mint a déployé une série de correctifs pour sa version 22, basée sur Ubuntu 24.04. Ces mises à jour améliorent la stabilité, la sécurité, et ajoutent quelques fonctionnalités bienvenues. Mais comme toujours, quand on touche au cœur du système, les choses peuvent mal tourner. Un paquet mal synchronisé, un conflit de dépendances, et hop : votre session ne démarre plus, ou pire, des fichiers critiques disparaissent.
C’est exactement ce qui est arrivé à un client de l’atelier la semaine dernière. il avait lancé une mise à jour via le gestionnaire de mises à jour, puis redémarré son PC. Résultat : écran noir au démarrage, et un message d’erreur Failed to start Light Display Manager. Après vérification, un paquet graphique avait planté l’affichage. Sans sauvegarde, il aurait dû tout réinstaller depuis zéro. Heureusement, il avait activé Timeshift quelques jours avant. En moins de 10 minutes, son système était restauré, comme si rien ne s’était passé.
Timeshift, c’est quoi au juste ?
Timeshift n’est pas un outil de sauvegarde classique. Il ne copie pas vos documents personnels, vos photos ou vos vidéos. Non, il se concentre sur le système lui-même : les fichiers de configuration, les paquets installés, les bibliothèques système. Imaginez une machine à remonter le temps pour votre Linux Mint. Si une mise à jour casse quelque chose, si vous supprimez un fichier vital par erreur, ou si une manipulation hasardeuse rend votre PC inutilisable, Timeshift vous permet de revenir à un état antérieur, comme si de rien n’était.
Contrairement à d’autres solutions, Timeshift utilise des snapshots incrémentiels. Cela signifie qu’il ne sauvegarde pas tout le système à chaque fois, mais seulement les modifications depuis le dernier point de restauration. Résultat : c’est rapide, léger, et ça ne bouffe pas tout l’espace disque. Chez moi, avec 20 snapshots conservés, ça ne prend que 15 Go sur mon SSD de 500 Go.
Pourquoi c’est indispensable sur Linux Mint
Linux Mint est réputé pour sa stabilité, mais personne n’est à l’abri d’une fausse manipulation. Voici les scénarios où Timeshift vous sauvera la mise :
Les mises à jour qui tournent mal. Même avec les dépôts officiels, une mise à jour peut casser un paquet ou un service. Un client a vu son son disparaître après une mise à jour du noyau. Sans Timeshift, il aurait dû bidouiller des heures dans le terminal. Avec, il a restauré son système en 5 minutes et tout fonctionnait à nouveau.
Les erreurs de manipulation. Vous avez supprimé un fichier dans /etc par erreur ? Vous avez modifié un fichier de configuration sans faire de copie de sauvegarde ? Timeshift vous permet de revenir en arrière, comme si vous aviez un Ctrl+Z géant pour tout le système.
Les tests de logiciels risqués. Vous voulez essayer une nouvelle version d’un logiciel, ou installer un paquet depuis un PPA non officiel ? Timeshift vous permet de créer un snapshot avant, et de revenir en arrière si ça plante. J’ai testé ça avec un client qui voulait installer un pilote graphique propriétaire. Le résultat ? Écran noir au redémarrage. En 10 minutes, son système était restauré, et il a pu essayer une autre méthode.
Les pannes matérielles. Si votre disque dur lâche, mais que vous avez sauvegardé vos snapshots sur un disque externe ou un autre support, vous pouvez restaurer votre système sur un nouveau disque. Un client a eu son SSD qui a rendu l’âme. Grâce à Timeshift et à une sauvegarde externe, il a pu retrouver son environnement en moins d’une heure.
Comment installer et configurer Timeshift
Timeshift est disponible dans les dépôts officiels de Linux Mint. Son installation est simple, mais il faut bien le configurer pour qu’il soit vraiment utile.
Installation
Ouvrez un terminal et tapez :
sudo apt update && sudo apt install timeshift
Vous pouvez aussi l’installer via le gestionnaire de logiciels de Linux Mint. Une fois installé, lancez Timeshift depuis le menu des applications.
Première configuration
Au premier lancement, Timeshift vous proposera de choisir un type de snapshot. Sélectionnez RSYNC (c’est le plus fiable et le plus flexible). Ensuite, choisissez le disque ou la partition où seront stockés les snapshots. Ne choisissez pas la même partition que votre système : si votre disque lâche, vos sauvegardes seront perdues. Utilisez un disque externe, une autre partition, ou même un partage réseau si vous en avez un.
Pour le niveau de compression, haut est un bon compromis entre espace disque et vitesse. Activez aussi la vérification des snapshots pour éviter les corruptions.
Enfin, configurez la fréquence des sauvegardes. Par défaut, Timeshift crée un snapshot par jour, et en conserve 5 par jour, 7 par semaine, 5 par mois. C’est un bon point de départ, mais vous pouvez ajuster selon vos besoins. Moi, je garde 10 snapshots manuels (pour les gros changements) et 30 automatiques.
Créer un snapshot manuel
Avant toute manipulation risquée (mise à jour majeure, installation d’un logiciel non officiel, modification de fichiers système), créez un snapshot manuel. C’est simple :
1. Lancez Timeshift.
2. Cliquez sur Créer.
3. Donnez un nom explicite à votre snapshot (par exemple : « Avant mise à jour noyau 6.8 »).
4. Validez.
C’est tout. En cas de problème, vous pourrez restaurer ce snapshot précis.
Restaurer un snapshot : la marche à suivre
Si votre système ne démarre plus, ne paniquez pas. Voici comment restaurer un snapshot depuis le live USB de Linux Mint.
Étape 1 : Démarrez sur le live USB. Insérez votre clé USB Linux Mint, démarrez dessus, et choisissez « Essayer Linux Mint ».
Étape 2 : Installez Timeshift sur le live. Ouvrez un terminal et tapez :
sudo apt update && sudo apt install timeshift
Étape 3 : Montez les partitions nécessaires. Votre disque système et la partition où sont stockés vos snapshots doivent être montés. Utilisez l’outil Disques ou le terminal pour les monter.
Étape 4 : Lancez Timeshift et sélectionnez le snapshot à restaurer. Dans Timeshift, choisissez le snapshot que vous voulez restaurer. Si votre partition système est montée sur /mnt, sélectionnez-la comme destination de restauration.
Étape 5 : Lancez la restauration. Cliquez sur Restaurer, confirmez, et attendez. Une fois terminé, redémarrez votre PC. Votre système sera revenir à l’état du snapshot.
Ce qu’il ne faut surtout pas faire
Ne pas sauvegarder sur la même partition que le système. Si votre disque dur lâche, vous perdrez à la fois votre système et vos sauvegardes. Utilisez un disque externe, une autre partition, ou un partage réseau.
Ne pas désactiver les sauvegardes automatiques. Même si vous créez des snapshots manuels, les sauvegardes automatiques sont une sécurité supplémentaire. Un client avait désactivé les sauvegardes automatiques, pensant que ça économiserait de l’espace. Résultat : quand son système a planté, son dernier snapshot datait de 3 mois. Il a perdu toutes ses configurations récentes.
Ne pas ignorer les avertissements de Timeshift. Si Timeshift vous dit qu’un snapshot est corrompu, ne l’utilisez pas. Restaurez un snapshot antérieur. J’ai vu un client essayer de restaurer un snapshot corrompu, ce qui a empiré la situation. Il a dû tout réinstaller depuis zéro.
Ne pas oublier de tester la restauration. Une fois Timeshift configuré, faites un test : créez un snapshot, supprimez un fichier système non critique (par exemple, un fichier dans /etc que vous pouvez recréer), puis restaurez le snapshot. Vérifiez que tout fonctionne. Comme ça, vous serez sûr que ça marche en cas de vrai problème.
Timeshift vs les autres outils de sauvegarde
Timeshift n’est pas la seule solution pour sauvegarder un système Linux. Mais il a des avantages clés :
Simplicité. Pas besoin de comprendre les commandes complexes ou les scripts de sauvegarde. Tout se fait via une interface graphique intuitive.
Rapidité. Les snapshots incrémentiels sont rapides à créer et à restaurer. Un client a restauré un système de 200 Go en moins de 20 minutes.
Efficacité. Timeshift ne sauvegarde que ce qui a changé, donc ça ne prend pas beaucoup d’espace.
En revanche, Timeshift ne sauvegarde pas vos données personnelles. Pour ça, utilisez un outil comme rsync, Déjà Dup, ou un simple disque dur externe. Moi, je recommande de faire les deux : Timeshift pour le système, et une sauvegarde externe pour les données.
Mon avis de pro : Timeshift est un must-have
Je vois passer des dizaines de PC dans l’atelier chaque mois. Les pannes logicielles sont légion : mises à jour ratées, suppressions de fichiers, conflits de paquets… Et dans 9 cas sur 10, le problème aurait pu être évité avec Timeshift. C’est un outil simple, efficace, et gratuit. Il n’y a aucune raison de ne pas l’utiliser.
Un dernier conseil : ne vous dites pas que ça n’arrivera pas à vous. Tout le monde pense ça, jusqu’au jour où ça arrive. Et ce jour-là, vous serez bien content d’avoir Timeshift sous le coude. Alors prenez 10 minutes pour l’installer et le configurer. Votre futur vous remerciera.